National : QRM peut compter sur sa bonne étoile

Quevilly-Rouen Métropole s’est imposé dans la douleur ce samedi en clôture de la 27e levée de National face à l’US Créteil-Lusitanos (1-0). Un succès poussif qui leur permet de retrouver la première place du championnat. 




Le nez creux. Manu Da Costa connait ses joueurs et redoutait tout particulièrement cette 27e levée de National et la réception de l’US Créteil-Lusitanos à Robert Diochon. La raison ? Depuis une semaine, le technicien seinomarin ressentait une certaine fatigue au sein de son groupe, des joueurs émoussés tant physiquement que mentalement. Il semblerait qu’il ne se soit pas trompé. Ce samedi, les Rouge et Jaune ont affiché certaines limites qu’on ne leur connaissait pas dernièrement. Après une première demi-heure dominée de la tête et des épaules, notamment récompensée par l’ouverture du score de Jean-Paul Mendy (25e, 1-0), les Normands se sont éteints, allant même jusqu’à reculer et concéder des occasions inhabituelles, consécutives à des pertes de balles nombreuses.

Si l’application et le style de jeu affichés à l’accoutumée ont existé un temps durant ce samedi, les coéquipiers de Dan Delaunay ont longtemps semblé oublié leur football, à l’image de Medhy Guezoui, emprunté dans le dernier geste, alors qu’il est deuxième meilleur réalisateur du championnat de National avec douze buts inscrits depuis le début de saison.

En dépit d’un score favorable acquis à la pause, les hommes de Manu Da Costa n’ont jamais su se surpasser dans le deuxième acte et ont fait le dos rond. Longtemps, trop longtemps. Acculés sur leur but dans le dernier quart d’heure, les Rouge et Jaune auraient même pu voir la victoire s’envoler au profit du nul mais le montant droit de Delaunay venait sauver l’arrière-garde normande. Jusqu’au coup de sifflet final donc, les supporters venus soutenir Quevilly-Rouen Métropole n’auront jamais semblé tout à fait sereins. Pour la première fois depuis plusieurs semaines, l’inquiétude se lisait même sur certains visages.

Néanmoins, dans la douleur et la difficulté, Pierre Vignaud et sa bande l’ont emporté, prouvant à tous qu’ils sont bel et bien un candidat sérieux à la montée. Et ce, malgré ce qu’ils veulent nous faire croire. En effet, si Manu Da Costa affiche enfin des ambitions d’accession à l’étage supérieur, Romain Basque et Vignaud conservent un voile et une certaine pudeur comme si le terme « montée » était tabou et qu’il ne fallait pas l’évoquer avant de l’avoir validée mathématiquement.

Avec quatre points d’avance sur Châteauroux, provisoire barragiste, et cinq unités de plus que Lyon-Duchère, au pied du podium, QRM se rapproche, pas après pas, de l’étage supérieur. La prochaine marche à franchir sera celle d’Avranches, le voisin normand, qui a pour l’heure mis le National dans un coin de sa tête pour ne se concentrer que sur la Coupe de France et son quart de finale face au Paris Saint-Germain. Avec trois jours de récupération supplémentaires par rapport aux joueurs de la Manche, les Rouge et Jaune bénéficieront d’un premier avantage. A eux de saisir cette opportunité pour confirmer leur hégémonie et s’asseoir encore plus confortablement dans le fauteuil de leader du National, retrouvé aux dépens de Dunkerque.

 

  • Les notes des joueurs de Quevilly-Rouen Métropole : 

Dan Delaunay (6)

Peu sollicité, il aura répondu présent sur les rares occasions franciliennes, à l’image de cette frappe repoussée en première période (23e). Deux minutes plus tard, QRM ouvrait la marque. En fin de match, sa bonne étoile est venu préserver son invincibilité, avec un tir sur son montant droit (88e).

Gary Marigard (5)

Mi-figue, mi-raisin. Gary a alterné le bon et le moins bon. Des interventions décisives implacables mais une activité offensive moindre en première période. L’inverse dans le second acte. Des erreurs de placement plus fréquentes mais enfin une volonté de se projeter pour épauler Taufflieb.

William Sery (6,5)

Si William a perdu Alioune, son compère de la défense centrale, il ne semble pas plus désorienté que cela. Aligné aux côtés de Basque, polyvalent, il a prouvé ses capacités d’adaptation et livré un match empreint de sérieux. En fin de match, il a tenté une montée rageuse, mais a finalement été repris à trente mètres du but adverse.

Romain Basque (7)  

Le couteau suisse de Quevilly-Rouen Métropole. Un jour milieu de terrain, enfilant le maillot de portier le lendemain, et évoluant en défense centrale le surlendemain, il n’y a pas de doutes, Romain sait tout faire. Il l’a prouvé encore face à Créteil. Après quelques hésitations en début de match, il est monté en puissance au fil de la rencontre pour faire régner l’ordre dans les rangs arrières normands.

Pierre Vignaud (5)

Pierre a semblé émoussé. Difficile de lui reprocher. Il faut dire qu’il a peu dormi ces deux derniers jours avec la naissance de sa petite Victoire. S’il n’a rien perdu de sa technique et a parfois apporté dans le couloir gauche, il a également été pris dans son dos à plusieurs reprises en seconde période. Mais il est déjà pardonné.

Anthony Rogie (5,5)

Une performance mitigée. Sa patte droite est bien utile quand il faut orienter le jeu sur les ailes. Ses transversales sont toujours précises. Néanmoins, Anthony n’a pas eu l’impact escompté dans l’entre jeu, perdant notamment plusieurs ballons et n’en récupérant pas autant qu’à l’accoutumée.

Stan Oliveira (7)

La force d’un collectif, c’est aussi la solidarité. Stan le sait mieux que quiconque et l’a une nouvelle fois démontré. Pour compenser la méforme de Rogie, son coéquipier au milieu, il a couru beaucoup et partout. Mais pas que. Son sens de l’anticipation lui a également permis de récupérer un nombre incalculable de ballons. Le N’Golo Kanté de QRM.

Oumar Pouye (6)

Son entente avec Jean-Paul Mendy a été décisive. Aligné à gauche, Oumar a bien souvent longé les lignes pour étirer le groupe cristolien. Sur un long ballon dans le couloir, il a parfaitement joué le coup en remisant en une touche pour Mendy, qui s’en est allé ouvrir la marque (25e). Remplacé par Irie Bi (81e).

Jean-Paul Mendy (6,5)

Jamais deux sans trois. Mendy connait la valeur des proverbes. Après deux frappes repoussées ou captées par Lejeune (19e, 20e), il a persévéré et a été justement récompensé par l’ouverture du score d’une frappe placée au premier poteau (25e). Moins influent en seconde période. Remplacé par Barthelemy (68e).

Timothée Taufflieb (4,5)

Sa dernière sortie à Diochon avait été éblouissante. Il avait d’ailleurs été élu homme du match par la rédaction. Timothée a en revanche connu davantage de difficultés ce soir. Oublié sur le couloir droit dans le premier acte, il n’a touché que peu de ballons. Sa technique demeure, mais il a néanmoins eu du mal à en faire profiter le groupe hier.

Medhy Guezoui (4,5)

Dos au but, Medhy reste un atout précieux et gêne considérablement les défenses adverses. Néanmoins, face à Créteil, ses contrôles étaient moins propres et sa vision du jeu légèrement troublée. En première période, il a notamment manqué de lucidité dans le dernier geste, un comportement inhabituel pour le deuxième meilleur buteur du championnat (7e, 11e, 12e).

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